Quand on chausse les raquettes pour la première fois sur les Hauts-Plateaux du Vercors en plein hiver, on comprend vite qu’on n’est pas là pour « juste randonner ». J’avais déjà eu la chance de parcourir ces crêtes au printemps, lors d’une traversée des Hauts-Plateaux du Vercors (👉 racontée ici). Mais l’hiver change radicalement la lecture du paysage. Les grandes étendues deviennent plus silencieuses, parfois déroutantes, avec des reliefs lissés par la neige.
C’est précisément cette autre facette du Vercors que je suis venue explorer, à l’invitation de l’agence Grand Angle, à travers un trek hivernal de 3 jours en raquettes. Un itinéraire assez similaire au printemps, mais dans des conditions totalement différentes. Et en hiver, la formule “tout compris” est confortable : logistique, sécurité, rythme… Tout était pensé pour permettre une immersion totale. Dans cet article, je vous partage mon retour d’expérience sur ce séjour de groupe, en raquettes sur les Hauts-Plateaux du Vercors. Et pourquoi ce type d’organisation facilite profondément la façon de vivre la montagne en hiver.
Récap’ de notre itinéraire sur les Hauts-Plateaux
Jour 1. 4,5km / D: +560m . Depuis le hameau de la Richardière, montée en forêt jusqu’au pas de l’Aiguille
( 🧭 parcours sur outdooractive )
Panorama saisissant sur l’emblématique Mont Aiguille et accueil par un petit groupe de bouquetins : le ton est donné ! On vit un moment privilégié et le sentiment de déconnexion est immédiat. La bergerie de Chaumailloux, située sur le Pas de l’aiguille, sera notre refuge pour les nuits à venir. Un lieu simple, parfaitement adapté au bivouac hivernal, où le petit poêle devient vite le centre de vie en fin de journée.

Jour 2. 9,5km / D: +250m -250m . Depuis le Pas de l’Aiguille, évolution sur les grands plateaux
( 🧭 parcours sur outdooractive )
L’itinéraire, sous un soleil généreux, alterne entre collines et vastes étendues balayées par le vent. En fin d’après-midi, le temps se gâte, nous rentrons sous la neige. Sur le retour, passage au mémorial du pas de l’Aiguille et découverte de la grotte qui a sauvé quelques résistants durant la Seconde Guerre mondiale, avant une soirée au chaud au refuge.


Jour 3. 4km / D: -560m . Retour au hameau de la Richardière
( 🧭 parcours sur outdooractive )
Le dernier matin débute par un dernier aller-retour à la source pour récupérer l’eau, puis vient l’heure de la redescente. Après avoir aperçu les Une fin de trek tout en douceur, rythmée par les derniers pas en raquettes et cette sensation persistante d’avoir vécu une vraie parenthèse, loin du monde, au cœur de l’hiver.

Pourquoi choisir un trek hiver accompagné ?
Marcher léger, ça change tout
Avant le départ, quelques vivres sont répartis entre les membres du groupe. Mais pour un trek hivernal, le sac est étonnamment léger ! En chemin, on comprend vite pourquoi : notre guide, Robin, a monté une bonne partie de la nourriture au refuge le matin même. L’essentiel de la logistique est déjà géré. Résultat, on avance en raquettes avec un sac allégé, même lorsque la neige devient plus profonde.

En hiver, chaque kilo en moins compte vraiment. Marcher plus léger permet de tenir la distance sans s’épuiser, de garder du rythme… et surtout de rester frais et dispo pour l’expérience. L’esprit est libéré de la logistique du soir : pas de tente, pas de matériel de bivouac à gérer… tout est déjà sur place au refuge ! On arrive avec encore de l’énergie pour prendre le temps de s’arrêter quelques minutes pour admirer la lumière tomber sur les plateaux.
Refuge: ne pas jouer sa nuit à pile ou face
Sur les Hauts-Plateaux du Vercors en hiver, dormir à l’abri n’a rien d’évident. Au pas de l’Aiguille, un seul refuge non gardé est accessible à tous « la cabane des Chaumailloux« , selon la règle du premier arrivé, premier servi. Autant dire que l’incertitude fait partie du jeu… sauf quand tout est anticipé. Grâce à la formule tout compris, c’est à la bergerie, à quelques pas de là que nous avons passé la nuit. Cette tranquillité d’esprit change tout quand le jour décline et que le froid s’installe.

Car la vie de refuge ici reste spartiate. Pas d’eau courante : il faut chausser les raquettes pour aller chercher l’eau à la source. À l’arrivée, la bâtisse est glaciale, et couper du bois pour alimenter le poêle devient rapidement une priorité pour réchauffer l’atmosphère. À l’intérieur, deux dortoirs simples, des couvertures à disposition, et l’essentiel pour passer la nuit. Rien de superflu, mais tout ce qu’il faut.

Dans ces conditions, savoir que l’hébergement est assuré enlève une vraie charge mentale. Après une journée en raquettes, l’idée de devoir improviser un abri ou construire un igloo n’est clairement pas la perspective la plus réjouissante. Ici, l’organisation permet de se concentrer sur l’essentiel : profiter pleinement de l’expérience, de l’hiver, et de cette immersion rare au cœur des Hauts-Plateaux.
Pas de stress de l’orientation sur les Hauts-Plateaux
Les Hauts-Plateaux du Vercors en hiver sont superbes… mais trompeurs. Tout est blanc, les reliefs paraissent doux, les repères disparaissent. Les dolines, invisibles sous la neige, deviennent de véritables pièges : on en longe certaines sans même les distinguer clairement. Sans guide, j’aurais sans doute passé mon temps à vérifier l’itinéraire, à douter, à garder les yeux rivés sur la carte plutôt que sur le paysage.



Ici, c’est tout l’inverse. On peut lever la tête, observer les vautours planer au-dessus des plateaux, admirer les montagnes du Dévoluy qui se découpent à l’horizon. Robin nous donne le rythme, trace, et surtout prend les décisions adaptées au groupe et aux conditions. Notre objectif initial, les rochers du Parquet, a d’ailleurs été abandonné face à la neige profonde et à la progression du groupe. Un choix évident sur le terrain, qui permet de continuer l’expérience sans pression. Plus besoin de se demander si l’on est “au bon endroit” : on avance, on fait confiance… et on est pleinement dedans.
Observer la faune et la flore hivernales du Vercors
Ce qui me marque toujours le plus lors d’un trek accompagné, ce sont tous ces détails que je n’aurais jamais remarqués seule. Dans la neige, le guide nous apprend à lire le passage d’animaux : l’empreinte d’un lièvre, la trace plus discrète d’un renard, ou le chemin sinueux d’un écureuil contournant un arbre.

On découvre le vocabulaire précis de l’observation des passages d’animaux : une « empreinte » pour une patte, une « trace » pour l’ensemble des empreintes d’un animal, et une « piste » pour le parcours de l’animal dans sa totalité.
Même les arbres racontent une histoire en hiver : on repère facilement les caducs, les persistants et, moins connus, les marcescents. Ces derniers conservent une partie de leurs feuilles en hiver, souvent sur les branches basses, pour protéger leurs bourgeons des animaux.
On apprend aussi à reconnaître les essences autrement, parfois simplement à leurs bourgeons, comme ceux du frêne, noirs et caractéristiques.
Robin, notre guide nous invite à ralentir, à observer, à comprendre. La marche ne consiste plus seulement à avancer : elle devient une véritable lecture du paysage.
Une dynamique de groupe qui réchauffe plus que le feu
Partir en groupe peut effrayer quand on a l’habitude des séjours solo. Mais cela peut aussi être une vraie force. On a un objectif commun qui nous lie, on s’entraide dans les passages plus physiques, on s’attend quand le rythme ralentit.
Et le soir venu, la bergerie change d’atmosphère : autour du poêle, l’ambiance est chaleureuse. On fait sécher les affaires, on prépare le repas ensemble, pendant que d’autres s’attèlent à couper le bois ou chercher l’eau à la source. Partager une raclette après une journée en raquettes a une saveur particulière !

Les soirées se prolongent avec des jeux, des discussions qui partent dans tous les sens et font naître des anecdotes. Comment renommer le Mont Aiguille ? Quel super-pouvoir serait vraiment utile pour un séjour en raquettes ? Ici, le vote a été unanime : supprimer les pauses pipi… Un luxe absolu en hiver!
Certains poussent l’expérience jusqu’à partager un génépi dans un igloo, pendant que d’autres (moi y compris) préfèrent rester bien au chaud près du feu.
Ce sont ces moments de partage, simples et vrais, qui restent longtemps en mémoire, bien après que la neige ait fondu. J’en profite pour un grand merci à tous les membres de notre joyeux groupe : Virginie & Pierre Alex, Bernard, Gwen, Laurélen & Célia, Joelle, Anaïs, Morgane, et bien sûr Grand Angle avec Lorène et Robin.

Trek hivernal : pourquoi je recommande la formule tout compris ?
Parce qu’elle permet :
> De marcher léger grâce à une logistique maîtrisée.
> De sécuriser l’hébergement, même en refuge non gardé.
> D’éviter le stress de l’orientation sur les Hauts-Plateaux.
> De mieux comprendre la faune et la flore hivernales.
> De vivre une aventure collective forte, riche en souvenirs.
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En quittant les Hauts Plateaux, mes jambes sont lourdes, mais mon esprit est léger. 3 jours de déconnexion complète, sans réseau, à se laisser porter… Et une seule envie : revenir, encore, dans la neige du Vercors !




