Il faut bien le dire, depuis que je travaille pour Clermont Métropole, j’ai la grande chance de découvrir, souvent en avant première, les expositions des musées clermontois. Il y a quelques semaines j’ai donc pu découvrir « L’art du Qalamkar d’Ispahan, raconter le monde », la dernière exposition du musée Bargoin.

Pour vous situer le contexte, le qalamkar est un textile traditionnel iranien, une cotonnade imprimée avec des « blocs » de bois (sur le principe du tampon) et peinte à la main avec un qalam (une sorte de roseau).
Il est utilisé depuis des siècles aussi bien sous forme de tenture, que de rideaux, de nappes ou encore de vêtements. Très répandu, c’est pourtant un art méconnu en France, car ces tentures étaient plutôt considérées comme des textiles « domestiques » et non des œuvres d’art. Peu de pièces sont visibles dans les musées, et le musée Bargoin propose ainsi une exposition inédite, regroupant de nombreuses pièces.

L’exposition

Elle se divise en deux espaces :
– Le premier est dédié aux mythes et réalité. Les motifs représentent le plus souvent l’histoire des héros de la société persane. Les visuels ont bien sûr évolué au cours des siècles avec de nouveaux éléments mais on retrouve beaucoup d’histoires d’amour impossibles, de héros persans ou de scènes de vie.
– Le deuxième est dédié à la nature sous toutes ses formes : jardins, animaux, cueillettes ou pique-nique… Les motifs floraux de certaines tentures sont juste magnifiques, répétitions de petits motifs pour former des symétries parfaites.

« Ô l’heureuse aventure, qui nous envoie d’un puits obscur un astre étincelant !  »   qalamkar Joseph et Zoleikhâ

La scénographie

Du turquoise, du beige, de grandes arcades et des fontaines… la scénographie nous transporte déjà. Chaque espace est présenté en français et en persan, ce qui amplifie ce sentiment d’invitation au voyage. Aucun cartel ne vient alourdir l’ensemble puisque c’est un petit livret qui vient compléter la visite et nous raconte les scènes peintes. J’ai beaucoup apprécié cette sobriété.

Le maître Qalamkar

Le summum de la visite, pour moi, a été la découverte de la pratique en « live ». Un maître qalamkar est présent dans un atelier et réalise, au bloc différents motifs d’une précision impressionnante. La superposition de différentes couleurs nécessite une maitrise du geste incroyable. Chaque pièce peut avoir jusqu’à 4 couleurs différentes. (Le maître n’est, bien sûr, pas présent en permanence au musée, si cela vous intéresse, renseignez-vous pour connaitre ses interventions.)

Voilà quelques images de ma visite, et comme toujours, je vous invite plutôt à vous faire votre propre opinion avec un petit tour au musée, avant le 31 décembre prochain !

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+ infos : Musée Bargoin . 45 rue Ballainvilliers . 63000 CLERMONT-FERRAND